Historique : La médiation familiale, ça vient d’où?
Depuis le temps des tribus primitives à aujourd’hui, la médiation a été pratiquée sous une certaine forme à travers le monde1. En effet, le processus de médiation par lequel une personne impartiale aide deux autres personnes à résoudre leur conflit en est un qui est millénaire. La médiation familiale structurée comme on la pratique dans le présent est originaire des États-Unis2. C’est l’avocat O.J. Coogler qui a ouvert en 1974 le premier centre privé de médiation familiale aux États-Unis en s’inspirant des techniques d’arbitrage citées dans le Finer Report de 19743. Ensuite, le professeur J.M. Haynes de l’Université de New York a introduit la médiation familiale au Québec en 19814.
Un projet pilote de médiation familiale a été mis en place au Palais de justice de Montréal en 1981 et celui-ci se transforma en 1984 en programme permanent intitulé Service de médiation à la famille (SMF)5. En 1985, l’Association de médiation familiale du Québec a été fondée et dans cette même année, la médiation familiale a commencé à être offerte dans le secteur privé et dans le Centre des services sociaux du Québec. Un code de déontologie a été créé en 1988 pour tous les médiateurs par l’Association de Médiation familiale du Québec. Le comité interprofessionnel qui porte le nom Comité des organismes accréditeurs en médiation familiale (ci-après COAMF) tel qu’on le connait aujourd’hui s’est formé en 19906. C’est ce comité qui assure l’uniformité de la pratique de la médiation à travers le Québec. En 1997, le Québec est la première province canadienne à adopter une loi dans son Code de procédure qui vise à favoriser le recours à la médiation pour régler les litiges en matière familiale. Cette loi qui s’intitule la loi 65 a comme objectif de rendre la médiation familiale accessible sur une base volontaire, globale et multidisciplinaire. Aujourd’hui les deux textes de lois principaux qui viennent régir la pratique de la médiation familiale au Québec sont : le Code de procédure civile et le Règlement sur la médiation.
- Helena VINCENT, Caractéristiques individuelles relatives à l’acceptation, au résultat et au degré de satisfaction d’un service de médiation familiale en matière de divorce, mémoire de maîtrise, Trois-Rivières, Psychologie, Université du Québec à Trois-Rivières, 1988, p.12, en ligne : < http://depot-e.uqtr.ca/id/eprint/5790/1/000572516.pdf > (consulté le 13 octobre 2020)
- Véronique ROUSSEAU, « La médiation familiale en France. Quand l’évaluation des besoins et des ressources interroge les pratiques de terrain », (2010) 93 (1) Connexions, p. 77-87, en ligne: < https://www.cairn.info/revue-connexions-2010-1-page-77.htm> (consulté le 13 octobre 2020)
- H. VINCENT, préc., note 103, p.12-14
- Id.
- Carl LACHARITÉ et Gilles PRONOVOST, Comprendre la famille VII : Actes du 7e symposium québécois de recherche sur la famille, Les Presses de l’Université du Québec, 2000, p.217-230, en ligne : < https://ebookcentral.proquest.com/lib/usherbrookemgh ebooks/detail.action?docID=3257507> (consulté le 13 octobre 2020)
- COMITÉ DES ORGANISMES ACCRÉDITEURS EN MÉDIATION FAMILIALE (COAMF), Guide de normes de pratique en médiation familiale, 2016, p.1-10, en ligne : < https://www.barreau.qc.ca/media/1372/guide-normes-pratique-mediation-familiale.pdf > (consulté le 23 février 2020)